Résistance et création

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Ce mardi 15 avril 2008, veille de l'ultimatum de l'association Beaumarchais (SACD) pour remettre les dossiers de demande d'aide à l'écriture pour le théâtre : je me suis à nouveau heurté à ce phénomène si agaçant : mes petites résistance à la création.
A chaque fois que j'entreprends de partager quelque chose que j'ai créé, je me retrouve avec l'esprit pratique d'un enfant de trois ans et la maladresse d'un Mr Bean. Et là, ça n'a pas manqué...
Je venais de terminer sur l'ordinateur le dossier présentant mon projet de pièce de théâtre "Je ne suis pas ta chose" (esquisse d'un costume ci-contre) et il me fallait tout simplement imprimer, relier, mettre sous enveloppe et partir. Dès que j'ai voulu faire sortir tout ça de l'ordinateur, tout est parti en vrille. On pourrait presque mettre la voix off d'une émission racoleuse avec "Julien finissait tranquillement son dossier sur son ordinateur quand le drame arriva. Tout bascula dans l'horreur quand il décida de..."

Petit récapitulatif des ces joyeusetés...

D'abord, la classique : plus d'encre dans l'imprimante. Changeons les cartouches! Une opération très aisée d'habitude... Mais cette fois-ci : problème avec la cartouche de noir. "On" me demande de retirer une languette plastique que j'ai déjà enlevé, je ré-essaie, je ré-essaie, entre temps le câble USB qui relie l'imprimante et l'ordi bouge un peu, l'imprimante se déconnecte, ne veut plus se reconnecter, l'ordi bugue et bloque. Je relance l'ordi qui ne veut pas se relancer tant que j'essaie de lui connecter l'imprimante alors j'éteins les deux et je ne relance que l'ordi... Bien, ça fonctionne... Puis l'imprimante... Tout fonctionne!
Maintenant la cartouche noire : on passe aux choses sérieuses! Nettoyage à l'alcool avec un petit chiffon. Une fois, deux fois, toujours en échec. J'abandonne avec celle-là, j'y reviendrai plus tard. Du coup, je veux l'emballer dans du film alimentaire pour éviter qu'elle ne se dessèche : direction la cuisine. Je tire un bon coup sur le film et je m'entaille le pouce avec la petite scie en plastique contre laquelle on découpe d'habitude le film étirable. Le pouce qui saigne dans la bouche, je ne me laisse pas abattre, qu'à cela ne tienne : J'ouvre une 2ème cartouche neuve! Youpi! C'est la fête!
Et là, non, ça ne marche pas non plus, et pourtant, oui, j'ai enlevé la languette en plastique! Rebelotte avec l'alcool, le petit chiffon et hop! J'en verse un peu trop sur le chiffon et j'ai toute une giclée d'alcool qui m'atterrit sur la cuisse du pantalon. Et la cartouche? Aucun changement : ça ne fonctionne pas. L'encre noire ne sort pas! Je secoue la cartouche : il y a bien de l'encre à l'intérieur, je le sens. Je secoue un peu plus fort : une giclée d'encre noire qui part sur la table et à côté... Mais pas d'encre là où il en faudrait : dans la fente que protégeait cette chère languette. Alors j'y vais, je souffle dans la petite fente : rien. J'aspire? Allez, c'est pour la bonne cause... Ca marche! J'ai de l'encre noire dans la bouche mais je m'en fous : Je me lève avec mon pantalon imbibé d'alcool, le pouce qui saigne et je vais jusqu'à la salle de bain : je crache l'encre, je me rince la bouche, j'enlève le pantalon parce que j'ai la cuisse qui cuit un peu (alcool à 95°), je remets mon pouce droit dans la bouche et je mets la cartouche sous le capot avec la main gauche. Un instant, un grand moment de solitude en attendant le verdict de la machine : Eurêka! Petit moment de joie : J'imprime les pages, mes chères petites pages...

Bilan des courses

Au final, j'ai réussi à porter mon dossier à l'association Beaumarchais contre un pouce entaillé, des gencives noires pendant toute la soirée, une cartouche neuve ouverte avant l'heure et un pantalon foutu (une grosse tâche décolorée à l'alcool). Mais je suis content!
Et pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur ma nouvelle pièce de théâtre, c'est ici!
PS : Non, je ne donnerai pas ici la marque de mon imprimante...

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